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TAQA Morocco : une rentabilité sous pression, mais une transformation stratégique assumée

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TAQA Morocco : une rentabilité sous pression, mais une transformation stratégique assumée

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Le groupe TAQA Morocco a présenté des résultats 2025 en léger repli, reflétant un environnement énergétique moins favorable, tout en mettant en avant la solidité de son modèle opérationnel et l’accélération de sa stratégie de diversification vers les activités bas carbone.

Lors de la présentation des comptes, le président du directoire, Abdelmajid Iraqui Houssaini, a résumé cette double dynamique en soulignant que « les résultats de l’exercice 2025 traduisent la solidité de notre modèle opérationnel (…) dans un contexte de marché moins favorable », tout en mettant en avant « l’accélération de la stratégie de diversification ».

Des résultats en recul, mais une base opérationnelle solide

Au terme de l’exercice, le chiffre d’affaires consolidé s’établit à 10,6 milliards de dirhams, en baisse de 2,2%, tandis que l’EBITDA recule de 7,4% à 3,2 milliards de dirhams. Le résultat net part du groupe ressort, pour sa part, à 981 millions de dirhams, en diminution de 6,8% sur un an.

Ces évolutions traduisent, selon la direction, un effet combiné de facteurs techniques et de marché, notamment la réalisation d’opérations de maintenance planifiées et la volatilité des conditions internationales.

Malgré ce repli, la rentabilité reste robuste, avec une marge opérationnelle de 23%, et la structure financière demeure solide, avec un ratio dette nette/EBITDA de 1,7x.

Une organisation repensée pour accompagner la croissance

Au-delà des résultats financiers, la direction a largement insisté sur la transformation structurelle du groupe. Lors de la conférence de presse, les responsables ont expliqué que TAQA Morocco « passe d’un modèle historiquement centré sur un actif à une organisation structurée par grands métiers », couvrant les renouvelables, le bas carbone, l’eau et les infrastructures.

Cette évolution vise, selon eux, à « améliorer la lisibilité, l’efficacité dans l’allocation du capital et l’adaptation des modèles opérationnels à chaque activité ».

Dans ce cadre, quatre nouvelles filiales ont été créées en 2025, illustrant une volonté de structurer le développement futur autour de segments différenciés.

Le groupe a également mis en avant l’ampleur de ses ambitions à horizon 2030. Selon les indications fournies lors de la conférence, TAQA Morocco vise un changement d’échelle significatif, avec une montée en puissance rapide de ses capacités dans les renouvelables, le dessalement et les infrastructures.

Les dirigeants ont évoqué une transformation profonde du modèle, avec « une entreprise qui développe, construit et opère simultanément plusieurs projets », traduisant un passage vers un acteur intégré multi-métiers.

Dans cette dynamique, le projet éolien de Boujmil (144 MW) constitue un premier jalon concret, tandis que les projets liés à l’hydrogène vert et aux infrastructures eau-énergie viennent compléter ce positionnement.

Malgré la baisse du résultat net, le directoire propose la distribution d’un dividende de 38 dirhams par action, en progression de 3% par rapport à 2024, traduisant la volonté du groupe de maintenir une politique de rémunération stable et attractive pour les investisseurs.

Le marché du charbon et le dollar : des facteurs déterminants

Un élément central de l’exercice 2025 réside dans l’impact du contexte international sur les performances du groupe. Comme l’a reconnu la direction, l’évolution des résultats reste étroitement liée à des variables exogènes, en particulier les prix du charbon et la parité dollar/dirham.

L’analyse du marché met en évidence une double contrainte. D’une part, la baisse des prix du charbon sur les marchés internationaux a réduit mécaniquement les revenus liés à la facturation de l’énergie, indexée sur le coût du combustible. D’autre part, l’évolution défavorable du dollar a pesé sur les revenus libellés en devises.

Lors de la conférence, les dirigeants ont reconnu que ces cycles restent difficiles à anticiper, évoquant des marchés devenus plus volatils et moins lisibles qu’auparavant, avec des fluctuations désormais plus fréquentes.

Dans ce contexte, la direction insiste sur la nécessité de maintenir une discipline opérationnelle stricte, tout en accélérant la diversification afin de réduire progressivement l’exposition à ces facteurs.

En dépit des avancées stratégiques, la structure actuelle du groupe reste dominée par l’activité thermique. Comme le souligne l’analyse, les revenus proviennent encore intégralement du charbon, tandis que les projets renouvelables sont en phase de développement.

Cette situation met en lumière l’enjeu central des prochaines années : la capacité du groupe à transformer ses investissements en capacités opérationnelles effectives, dans un secteur marqué par des cycles longs et des contraintes de financement importantes.

Selim Benabdelkhalek

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