Casablanca : 24 pays africains mobilisés pour combler le déficit de financement de la biodiversité
Un atelier régional francophone consacré au financement de la biodiversité a réuni à Casablanca des représentants de 24 pays africains, dans un contexte marqué par l’urgence de mobiliser des ressources pour la préservation des écosystèmes, à l’approche de la COP17 sur la biodiversité.
Organisée conjointement par l’Initiative pour la Finance de la biodiversité (BIOFIN) du Programme des Nations unies pour le développement, l’Institut de la Francophonie pour le développement durable et le Fonds pour l’environnement mondial, cette rencontre vise à doter les pays participants d’outils techniques et de stratégies adaptées pour réduire le déficit de financement en faveur de la nature.
Malgré une richesse exceptionnelle en biodiversité, de nombreux pays africains francophones peinent à mobiliser les ressources nécessaires à la protection de leurs écosystèmes. Les forêts du bassin du Congo, les écosystèmes de Madagascar ou encore les forêts guinéennes illustrent cette richesse, mais également les pressions croissantes qui s’exercent sur ces milieux.
Selon les données présentées lors de l’atelier, le déficit mondial de financement de la biodiversité dépasse 700 milliards de dollars par an, un enjeu majeur au regard des objectifs fixés par le Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité, adopté en 2022.
À cette occasion, Bouzekri Razi a souligné l’engagement du Maroc en faveur de l’intégration de la biodiversité dans les politiques publiques et les mécanismes financiers, notamment à travers l’élaboration d’un plan national dédié.
Il a également mis en avant la nécessité de renforcer les synergies entre le financement de la biodiversité et celui de la lutte contre le changement climatique, considérées comme des leviers complémentaires pour accélérer la transition écologique.
L’atelier s’inscrit dans la méthodologie développée par BIOFIN, qui accompagne les pays dans l’élaboration de plans de financement de la biodiversité. Cette approche repose sur plusieurs étapes, incluant l’analyse des politiques publiques, l’évaluation des dépenses, l’identification des besoins financiers et la conception de solutions adaptées au contexte national.
Selon Noëlla Richard, l’objectif est d’aider chaque pays à élaborer une feuille de route opérationnelle permettant d’orienter efficacement les ressources publiques et privées vers la protection de la nature.
Depuis 2018, les initiatives soutenues par BIOFIN ont permis de mobiliser plus de 2,7 milliards de dollars en faveur de la biodiversité dans 41 pays. Avec l’appui du FEM, ce dispositif est désormais étendu à plus de 130 pays, dont les 24 participants à cet atelier.
Pour Mariana Bellot, cette montée en puissance ouvre la voie à une transformation plus large, à mesure que les pays passent de la planification à la mise en œuvre de leurs stratégies.
L’atelier met également l’accent sur l’échange d’expériences entre pays francophones, permettant de partager les bonnes pratiques et les enseignements tirés de la mise en œuvre des politiques de financement.
Cette coopération est jugée essentielle pour renforcer les capacités techniques et institutionnelles, notamment dans des contextes où l’accès aux ressources et à l’expertise reste limité.
À l’approche de la prochaine conférence des Nations unies sur la biodiversité, les pays sont appelés à démontrer des progrès concrets, tant en matière de stratégies nationales que de mobilisation effective des financements.
Les résultats de cet atelier devraient ainsi alimenter les discussions internationales, en apportant des données, des solutions et des retours d’expérience susceptibles d’influencer les décisions globales.
LNT
