Marché obligataire et monétaire : poursuite de la hausse des taux secondaires, stabilité des interventions de BAM
Les conditions de financement sur les marchés financiers domestiques ont évolué dans des directions contrastées au cours de la période du 24 au 26 mars 2026, marquées par une hausse des taux sur le marché obligataire secondaire et une stabilité relative de la liquidité bancaire, selon les dernières analyses d’Attijari Global Research (AGR).
D’après la note « Weekly Hebdo Taux – Fixed Income » publiée par Attijari Global Research, les taux sur le marché secondaire ont poursuivi leur tendance haussière, notamment sur le segment long terme.
Cette progression s’est traduite par une augmentation de l’ordre de 10 points de base, confirmant une pression persistante sur la courbe des taux. Cette dynamique reflète, selon les analystes, les ajustements opérés par les investisseurs en matière d’exigences de rendement, dans un contexte marqué par des incertitudes macroéconomiques et financières.
Sur le marché primaire, le Trésor a choisi de ne pas lever de fonds lors de la dernière séance d’adjudication du mois de mars, malgré une demande estimée à 3,6 milliards de dirhams. Au total, les levées cumulées sur l’ensemble du mois n’ont pas dépassé 7 milliards de dirhams, alors que les besoins de financement étaient estimés à 11,8 milliards, soit un taux de réalisation inférieur à 60%.
Ce positionnement du Trésor s’inscrit dans une stratégie d’arbitrage face aux conditions de marché, alors que la remontée des taux pourrait renchérir le coût de financement.
Au-delà de la gestion des émissions du Trésor, AGR souligne que plusieurs facteurs devraient continuer d’influencer l’évolution des taux au cours des prochaines semaines.
Parmi ces déterminants figurent la capacité du Trésor à contenir ses besoins de financement, mais aussi les anticipations liées à une éventuelle reprise du cycle d’assouplissement monétaire par Bank Al-Maghrib.
Ces anticipations restent toutefois conditionnées à la confirmation d’une trajectoire désinflationniste et à une atténuation progressive des risques géopolitiques internationaux, qui continuent de peser sur les marchés financiers.
Sur le marché monétaire, la situation apparaît plus stable. Bank Al-Maghrib a maintenu ses interventions hebdomadaires à un niveau quasi inchangé de 160,2 milliards de dirhams sur la période étudiée.
Dans le détail, les avances à 7 jours ont légèrement progressé pour atteindre 63,2 milliards de dirhams, tandis que les injections de liquidité à plus long terme sont restées stables à 97 milliards de dirhams depuis fin février.
Les placements du Trésor sur le marché monétaire, sous forme de pensions livrées et à blanc, se sont établis autour de 8 milliards de dirhams, un niveau globalement en ligne avec la moyenne observée depuis le début de l’année.
Dans ce contexte, les taux interbancaires sont demeurés en adéquation avec le taux directeur fixé à 2,25%, confirmant une certaine stabilité des conditions de financement à court terme.
Toutefois, l’indice MONIA, qui reflète le coût des transactions interbancaires au jour le jour, a enregistré une hausse de 12 points de base sur une semaine, passant de 2,11% à 2,23%. Cette évolution traduit un léger resserrement des conditions de liquidité sur le marché.
