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Marchés mondiaux : le pétrole dépasse les 100 dollars dans un climat d’incertitude

Economie

Marchés mondiaux : le pétrole dépasse les 100 dollars dans un climat d’incertitude

Par LNT
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Les marchés financiers mondiaux évoluent dans un climat d’incertitude alors que les cours du pétrole se maintiennent au-dessus du seuil des 100 dollars le baril, dans un contexte marqué par l’escalade du conflit au Moyen-Orient et les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.

Selon les données observées lundi matin sur les marchés, le baril de Brent de la mer du Nord progressait de 3,06 % pour atteindre 106,30 dollars, tandis que le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, gagnait 2,15 % à 100,83 dollars.

Pour les analystes, cette hausse des prix reflète les inquiétudes persistantes des investisseurs quant à la sécurité des approvisionnements mondiaux en énergie. Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote, souligne que « la semaine a commencé selon un schéma désormais habituel », avec une progression des cours du pétrole à l’ouverture des marchés, suivie d’un léger repli à mesure que les investisseurs évaluent les dernières évolutions de la situation au Moyen-Orient.

Le détroit d’Ormuz au centre des tensions

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole, se trouve au cœur des préoccupations des marchés. Depuis le début de la campagne de bombardements menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, Téhéran a fortement perturbé le trafic maritime dans cette zone stratégique.

Un certain apaisement a toutefois été observé après l’annonce que deux tankers transportant du gaz de pétrole liquéfié à destination de l’Inde ont pu franchir le détroit, un signal jugé rassurant par certains acteurs du marché.

Dans le même temps, les autorités américaines ont intensifié leurs appels à une mobilisation internationale afin de sécuriser les routes maritimes et garantir la continuité des flux énergétiques.

Le président américain Donald Trump a ainsi exhorté les alliés des États-Unis et la Chine à contribuer à la sécurisation du trafic d’hydrocarbures dans le détroit d’Ormuz. Il a également évoqué la possibilité de conséquences négatives pour l’OTAN si certains pays refusaient de participer à cet effort.

Selon Ipek Ozkardeskaya, cette demande reste toutefois « très sensible sur les plans politique et géopolitique », ce qui explique la prudence observée dans les réactions des différents partenaires.

Mobilisation des réserves stratégiques

Afin de limiter l’impact de la flambée des prix du pétrole, les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont décidé de puiser dans leurs réserves stratégiques.

Selon l’organisation, environ 400 millions de barils pourraient être progressivement injectés sur le marché afin d’atténuer les tensions sur l’offre. Les premières livraisons devraient intervenir immédiatement en Asie et en Océanie, tandis que l’Europe et l’Amérique pourraient commencer à libérer leurs réserves à partir de la fin du mois de mars.

Cette mesure vise à prévenir un choc pétrolier susceptible de peser sur la croissance mondiale et de raviver les pressions inflationnistes.

Des marchés boursiers prudents

Dans ce contexte d’incertitude géopolitique, les marchés boursiers évoluent avec prudence. Patrick Munnelly, responsable de la stratégie de marché chez Tickmill Group, observe que « les marchés actions mondiaux ont montré des signes de stabilisation » après l’appel à une coopération internationale pour sécuriser le détroit d’Ormuz.

En Asie, les indices ont affiché des évolutions contrastées. À Tokyo, l’indice Nikkei a terminé la séance proche de l’équilibre avec un léger recul de 0,12 %. Taipei a cédé 0,17 % et Sydney 0,39 %.

À l’inverse, la Bourse de Séoul a enregistré une progression de 1,14 %, tandis que l’indice Hang Seng de Hong Kong gagnait environ 1,45 % dans les derniers échanges.

En Europe, les marchés sont restés plus hésitants. Après une ouverture en légère hausse, les principales places financières évoluaient en territoire négatif en début de séance. La Bourse de Paris reculait de 0,14 %, Francfort de 0,08 % et Milan de 0,41 %, alors que Londres progressait légèrement de 0,24 %.

Les banques centrales sous surveillance

Les investisseurs suivent également de près les décisions attendues cette semaine de plusieurs grandes banques centrales. Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, souligne que près des deux tiers des principales banques centrales mondiales doivent annoncer leurs orientations de politique monétaire dans les prochains jours.

La Réserve fédérale américaine (Fed) doit ainsi rendre sa décision mercredi, suivie notamment par la Banque du Japon, la Banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre jeudi.

Pour les analystes, la hausse des prix de l’énergie pourrait influencer le discours des autorités monétaires, même si aucune modification majeure de la politique monétaire n’est attendue à court terme.

Les experts de Natixis estiment que les banques centrales devraient adopter une communication prudente, en mettant l’accent sur les risques que la flambée des prix de l’énergie fait peser sur la stabilité des prix et sur la croissance mondiale.

LNT avec AFP

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