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Le marché de Sidi Moussa à Salé,

Ramadan 1447: Abondance des marchés et légère tension sur les prix en début de mois

Ramadan 1447: Abondance des marchés et légère tension sur les prix en début de mois

Par LNT
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Le marché de Sidi Moussa à Salé,

À l’entame du mois de Ramadan 1447, les marchés nationaux connaissent un approvisionnement régulier en produits de large consommation, soutenu par une mobilisation accrue des autorités publiques et des opérateurs économiques afin de répondre à la hausse saisonnière de la demande et de préserver la stabilité des prix.

Des marchés de gros aux commerces de proximité, l’activité connaît une nette accélération, portée par l’augmentation des achats liés aux habitudes de consommation propres au mois sacré. Fruits et légumes, viandes, poissons, produits céréaliers et denrées de base arrivent régulièrement.

Si le coup d’envoi du jeûne a été donné il y a cinq jours seulement, les dynamiques d’approvisionnement révèlent déjà un paysage contrasté, où la modernité des enseignes de grande distribution croise la résistance traditionnelle des marchés de quartier.

Dans les grandes surfaces, les stratégies commerciales se renforcent. Dès l’entrée des magasins, les clients sont accueillis par des îlots de promotions « Spécial Ramadan », ainsi qu’une avalanche de nouveaux produits.

Les industriels semblent, cette année encore, rivaliser d’inventivité en termes notamment de préparations prêtes à l’emploi, de gammes de produits « Santé » pour le Shour et de références importées de dattes premium et de produits laitiers divers et innovants. Ici, l’expérience client est millimétrée et les stocks semblent inépuisables, portés essentiellement par une logistique en flux tendus.

À seulement quelques rues de là, le décor change radicalement dans les souks et les marchés de proximité. C’est ici que bat le cœur social du Ramadan. Si les étals débordent de fruits et légumes frais et de produits en vrac, l’ambiance y est moins à la promotion qu’au marchandage et à la proximité.

Pour beaucoup de ménages, ces marchés restent un passage obligé pour dénicher des produits du terroir, souvent perçus comme étant plus authentiques pour la préparation des plats ancestraux. Le panier du consommateur devient ainsi le reflet d’un patrimoine culinaire aussi ancestral qu’exigeant.

Ingrédients piliers de la harira mijotée lentement, les légumineuses, lentilles et pois chiches en tête côtoient désormais les incontournables de la rupture du jeûne : chebakia aux effluves de miel et de fleur d’oranger, dattes généreuses, œufs frais, viandes sélectionnées et produits laitiers.

Cette valse des saveurs, qui accompagne aussi bien la préparation des briouates croustillantes que celle des sellous énergétiques, mobilise l’ensemble de la chaîne de valeur, des coopératives agricoles jusqu’au dernier étal du marché.

Cependant, cette effervescence ne va pas sans quelques ajustements. En ce début de Ramadan, les ingrédients stars de la table marocaine, à savoir la tomate et l’oignon, piliers incontournables de la traditionnelle harira, subissent une légère pression sur les prix.

Ce renchérissement est accueilli avec une certaine compréhension par les consommateurs, habitués à ce que le marché corrige ses propres excès au fil des jours du Ramadan. Les professionnels du secteur, eux, se veulent rassurants à ce sujet, estimant que cette tension saisonnière, classique à l’entame du mois, devrait s’estomper rapidement sous l’effet d’une offre nationale qui continue de se déverser massivement dans les circuits de distribution.

Le contrôle, lui, ne faiblit pas en cette période. Des commissions mixtes sillonnent différents points de vente au niveau national, veillant à ce que la fluidité ne laisse pas la place à la spéculation, souvent déconnectée des réalités de la production agricole.

Au bout du compte, ce Ramadan 1447 dessine le portrait d’un marché marocain mature. Entre le confort aseptisé des rayons des supermarchés et l’authenticité vibrante des étals des souks, le consommateur dispose d’une palette de choix inédite. Si quelques ajustements de prix rappellent la loi du marché, la règle d’or reste toutefois celle de la diversité et l’abondance.

 

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