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Fiscalité : La CGEM et la DGI jugent la dynamique actuelle « mature »

Fiscalité : La CGEM et la DGI jugent la dynamique actuelle « mature »

Par LNT
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La Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) a organisé, mercredi à Casablanca, une rencontre avec le Directeur Général des Impôts, Younes Idrissi Kaitouni, en présence du président de la Confédération, Chakib Alj. Cette réunion, à laquelle ont pris part les membres du Conseil National de l’Entreprise (CNE), s’est articulée autour des dispositions de la Loi de Finances 2026 et visait à renforcer le dialogue entre l’administration fiscale et les opérateurs économiques, en particulier les petites et moyennes entreprises.

En ouverture des travaux, Chakib Alj a situé la rencontre dans un contexte macroéconomique qu’il a qualifié de porteur. « Cette rencontre intervient dans un contexte particulièrement porteur pour notre économie. Les projections pour 2026 annoncent une croissance supérieure à 5 %. L’inflation est maîtrisée. Les recettes fiscales progressent à un rythme soutenu, avec une hausse de plus de 14 % en 2025 », a-t-il affirmé. Selon lui, cette dynamique traduit un enchaînement vertueux entre investissement public, activité économique et mobilisation des ressources budgétaires. « Nous sommes clairement engagés dans un cercle vertueux : davantage d’investissements publics génèrent plus d’opportunités pour les entreprises, stimulent la croissance et renforcent les recettes fiscales, ce qui permet à l’État de réinvestir et d’amplifier cette dynamique », a-t-il ajouté.

Le président de la CGEM a toutefois rappelé que la progression des recettes fiscales doit, selon la Confédération, reposer prioritairement sur l’élargissement de l’assiette, la formalisation du secteur informel, la croissance économique et la montée en gamme du tissu productif national. Il a également insisté sur la nécessité de compléter la réforme fiscale par un chantier de refonte des taxes locales, considéré comme un levier de cohérence et de simplification pour les entreprises.

De son côté, Younes Idrissi Kaitouni a dressé un bilan des réformes engagées ces dernières années, estimant qu’elles ont atteint « un stade de maturité marqué par des résultats tangibles ». Il a mis en avant l’évolution des recettes fiscales, qui ont atteint 291 milliards de dirhams entre 2021 et 2025, soit une progression de 74 %, avec un poids porté à 24,6 % du produit intérieur brut. Selon lui, cette dynamique ne résulte pas d’un alourdissement de la pression fiscale, mais d’un élargissement de l’assiette et d’un renforcement des mécanismes de conformité et de lutte contre la fraude.

Le Directeur Général des Impôts est revenu sur la réforme de l’Impôt sur les sociétés (IS), dont les recettes sont passées de 47,7 milliards de dirhams à 100,3 milliards de dirhams sur la période considérée. Cette évolution, a-t-il expliqué, reflète à la fois la vitalité de l’activité économique et l’amélioration de la lisibilité du cadre fiscal. Il a également souligné la montée en puissance des remboursements et restitutions fiscaux, qui ont atteint 25 milliards de dirhams en 2025, traduisant, selon lui, une gestion plus efficiente et un soutien accru à la trésorerie des entreprises.

Concernant la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), Younes Idrissi Kaitouni a indiqué que la réforme engagée vise à assurer la neutralité de cette taxe pour les entreprises, à travers l’alignement progressif des taux et l’amélioration des mécanismes de remboursement. Il a précisé que l’administration adapte également le dispositif fiscal aux nouveaux modèles économiques, notamment numériques, afin de garantir des conditions de concurrence équitables entre opérateurs nationaux et internationaux.

Enfin, le Directeur Général des Impôts a mis l’accent sur la modernisation de l’administration fiscale, inscrite dans la vision stratégique 2024-2028 de la DGI. Celle-ci repose sur la digitalisation des procédures, le renforcement du pilotage par les profils de conformité et l’amélioration de l’expérience usager. L’objectif affiché est d’instaurer un climat durable de sécurité juridique et de confiance entre l’État et l’entreprise.

LNT

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