PwC : les directions financières marocaines entrent dans une nouvelle phase de transformation en 2026
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Dans un environnement économique marqué par l’instabilité géopolitique, la pression réglementaire et l’accélération technologique, les directions financières marocaines abordent 2026 avec une posture à la fois prudente et stratégique. C’est ce qui ressort de la quatrième édition de l’étude « Priorités 2026 des Directions Financières – La Finance en mouvement », publiée par PwC Maroc.
Réalisée auprès de 70 directions financières issues de dix secteurs d’activité – dont la banque et assurance (35,3 %), l’industrie (19,6 %) et la santé (11,8 %) – l’enquête met en évidence une confiance globalement stable malgré un contexte jugé imprévisible. À horizon d’un an, 91 % des dirigeants financiers se déclarent confiants quant aux perspectives de croissance de leur entreprise, tandis que ce taux atteint 95 % à l’horizon 2030.
Cette résilience s’inscrit dans un contexte national marqué par de grands projets structurants – infrastructures portuaires, transition énergétique, modernisation industrielle – mais aussi par des tensions commerciales internationales, une hausse des taux et une pression accrue sur les finances publiques.
Maîtrise des coûts et pression réglementaire en tête des risques
Pour 2026, la hausse persistante des coûts (21 %) demeure le principal risque anticipé par les directions financières. La pression fiscale et les évolutions réglementaires locales apparaissent en deuxième position (18 %), traduisant l’impact des réformes fiscales et des exigences accrues en matière de conformité, notamment avec la digitalisation des contrôles et la facturation électronique.
Les conflits géopolitiques (18 %) et la volatilité des taux d’intérêt et du dirham (12 %) complètent le tableau des préoccupations. À l’inverse, les risques climatiques (3 %) ou liés à l’incapacité à innover (4 %) restent moins prioritaires à court terme, révélant une focalisation sur la sécurisation immédiate des marges et du cash.
Dans ce contexte, le pilotage de la performance s’impose comme la priorité numéro un pour 2026. Après une année 2025 marquée par une croissance soutenue mais dépendante de secteurs spécifiques, les directions financières souhaitent renforcer leurs capacités d’analyse et d’anticipation.
Les modèles traditionnels de budgétisation et de reporting statique ne suffisent plus. Les entreprises cherchent désormais à déployer des outils de reporting en temps réel, des tableaux de bord prédictifs et des scénarios intégrant les dimensions financières et extra-financières. La digitalisation des processus – Procure-to-Pay, Order-to-Cash, clôture comptable – devient un levier central d’efficacité et de conformité.
Selon l’étude, les processus offrant les gains de productivité les plus significatifs grâce à la technologie sont le budget (69 %), le reporting (66 %), la trésorerie (58 %) et la clôture comptable (51 %).
L’IA progresse, mais reste en phase exploratoire
L’intelligence artificielle suscite un intérêt croissant. Les principaux cas d’usage identifiés concernent la production accélérée des états financiers (71 %), l’analyse documentaire (71 %) et le traitement des données non structurées (69 %). Les bénéfices attendus portent sur l’amélioration de la performance économique, l’efficacité des collaborateurs et la qualité des processus.
Toutefois, la maturité reste limitée : 37 % des directions financières n’ont encore initié aucun projet IA, 24 % sont en phase d’étude, 32 % expérimentent certains cas d’usage, et seulement 6 % ont déployé l’IA sur plusieurs processus. L’intégration à grande échelle demeure conditionnée par la qualité des données et la montée en compétences des équipes.
La gestion du cash constitue un autre axe stratégique. L’optimisation du besoin en fonds de roulement est citée par 74 % des répondants, suivie par l’automatisation des prévisions de trésorerie (64 %) et la négociation proactive avec les banques (46 %). Dans un contexte de liquidité sous tension, la culture « cash first » progresse au sein des organisations.
Si 84 % des répondants jugent leur modèle de costing fiable, près de la moitié identifie la qualité des données d’entrée comme principal levier d’amélioration. Le manque d’automatisation (56 %) et la multiplicité des sources de données (51 %) fragilisent encore la robustesse des analyses.
En matière de contrôle interne, 70,3 % des dirigeants estiment leur dispositif mature, mais les priorités d’évolution portent sur la digitalisation des contrôles (69 %), le déploiement de contrôles clés (49 %) et le renforcement des équipes (46 %). La gouvernance des données devient progressivement un chantier transverse, souvent co-piloté par la Direction Financière et la DSI.
Vers une finance plus stratégique et technologique
Au-delà des outils, l’étude souligne l’évolution des compétences attendues. Les directions financières souhaitent renforcer la maîtrise des normes et réglementations (70 %), les compétences en gestion de projet et transformation digitale (67 %), ainsi que la culture data (41 %).
En 2026, la fonction Finance ne se limite plus à la production d’états financiers. Elle s’affirme comme un acteur central de la transformation des modèles d’affaires, de la sécurisation de la confiance des parties prenantes et de la recherche d’efficience organisationnelle. Entre maîtrise des risques et adoption progressive de l’IA, les directions financières marocaines entrent dans une phase de mutation structurante, où la donnée, la technologie et la gouvernance deviennent les piliers d’une performance durable.
SB
