Rabat accueille un séminaire international sur les politiques et stratégies du préscolaire
Les travaux d’un séminaire international consacré au thème « Préscolaire : politiques, pratiques et stratégies de développement » se sont ouverts mardi dans la capitale, réunissant experts nationaux et internationaux, chercheurs, décideurs publics, acteurs de terrain et représentants de la société civile.
Organisée par l’Instance nationale de l’évaluation relevant du Conseil Supérieur de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche Scientifique (CSEFRS), en partenariat avec UNICEF, cette rencontre de deux jours se veut un espace d’échange autour des enjeux liés au développement du préscolaire, dans une perspective comparative et internationale.
À l’ouverture des travaux, la présidente du Conseil, Rahma Bourqia, a souligné que la promotion du partage des connaissances et l’analyse des pratiques contribuent à améliorer les politiques publiques en matière d’éducation préscolaire et à renforcer son rôle en tant qu’étape éducative stratégique au service du développement global de l’enfant. Elle a indiqué que l’amélioration du niveau du préscolaire constitue une priorité pour le Maroc, qui a engagé d’importants efforts en vue de sa généralisation.
La vice-représentante de l’UNICEF au Maroc, Nassim Aoul, a relevé les progrès enregistrés par le Royaume dans le domaine de l’éducation de la petite enfance, mettant en avant le partenariat entre l’UNICEF et le CSEFRS dans l’élaboration et l’accompagnement des politiques publiques. Selon elle, une éducation préscolaire de qualité, équitable et inclusive représente un facteur déterminant pour la réussite du parcours scolaire et l’intégration sociale durable.
Le directeur de l’Instance nationale de l’évaluation, Hicham Ait Mansour, a rappelé que l’évaluation nationale de l’éducation de la petite enfance, menée en 2024 en partenariat avec l’UNICEF, porte principalement sur la qualité, l’équité et l’égalité des chances. Les résultats attendus devraient permettre d’identifier les acquis et les axes d’amélioration.
Le séminaire comprend une conférence inaugurale consacrée aux apports des sciences du développement, des neurosciences et des sciences de l’apprentissage, ainsi que plusieurs sessions plénières portant notamment sur les cadres internationaux d’évaluation du préscolaire, les modèles de financement et de gouvernance, la professionnalisation du personnel éducatif et la continuité pédagogique entre le préscolaire et le primaire.
La question du financement a occupé une place centrale lors d’un panel dédié aux modèles de gouvernance et aux dimensions d’équité. Les intervenants ont souligné que l’investissement dans l’éducation de la petite enfance constitue un levier pour bâtir des systèmes éducatifs plus équitables et efficaces.
À cette occasion, le directeur du pôle Mise en œuvre et développement à l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), Said Ziane, a présenté les actions menées en appui à la généralisation du préscolaire en milieu rural, à travers une offre visant à garantir la gratuité, la qualité et la pérennité du service. Il a également évoqué la mise en place d’un dispositif intégré de suivi-évaluation.
La spécialiste principale en éducation à la Banque mondiale, Déborah Newitter Mikesell, a salué l’évolution du taux national de scolarisation en préscolaire au Maroc, notant une progression marquée en milieu rural grâce aux investissements publics et aux partenariats public-privé.
D’autres intervenants, dont Christian Morabito et Divya Lata de l’UNICEF, ont insisté sur la nécessité d’un financement public renforcé et coordonné, afin de réduire les inégalités et d’assurer un accès équitable aux services d’éducation et de protection de la petite enfance.
LNT
