violence faite aux femmes

Vie associative : La violence politique contre les femmes s’aggrave

Vie associative : La violence politique contre les femmes s’aggrave

violence faite aux femmes

L’ADFM a récemment constaté, avec une grande inquiétude, l’aggravation des manifestations de la violence politique exercée contre les femmes au Maroc, qu’elles soient élues au sein des conseils des collectivités territoriales, membres du Parlement, actrices au sein des partis politiques et des syndicats, journalistes et professionnelles des médias, ou encore militantes dans les espaces public et numérique.

Pour l’Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM), cette violence, qui constitue une menace directe pour les droits politiques et civils des femmes ainsi que pour le processus démocratique au Maroc, prend des formes multiples et graves, dont notamment la violence physique et verbale, les menaces, le chantage et la diffamation dans les espaces publics et lors de l’exercice d’activités politiques ou syndicales, la violence basée sur la technologie, incluant le harcèlement en ligne, les campagnes de dénigrement, les insultes et la diffamation, la diffusion d’images et de données personnelles sans consentement, ainsi que la manipulation d’images et de vidéos.

 

Et d’ajouter que ces pratiques visent de manière systématique les femmes militantes et élues afin de les réduire au silence et de les dissuader de poursuivre leur engagement public.

 

Pour l’ADFM, ces pratiques visent aussi l’exclusion et la marginalisation au sein des partis politiques, des syndicats et des institutions médiatiques, ainsi que la création d’environnements hostiles où les femmes sont sanctionnées pour leur audace ou leurs positions politiques.

La violence politique contre les femmes ne relève pas de cas isolés, mais constitue un phénomène structurel lié à une culture patriarcale profondément enracinée, à la persistance de l’impunité et au relâchement institutionnel dans l’application des lois et la protection des femmes dans les sphères politique et médiatique, dit-on auprès de cette association.

Dans le même sens, l’ADFM relève avec une vive inquiétude des cas récents de violence politique numérique grave ayant ciblé des parlementaires et des élues à travers la diffamation et la publication de leurs photos sans consentement sur les réseaux sociaux, portant atteinte directe à leur réputation et à leur dignité humaine. Certains de ces faits ont conduit à l’ouverture d’enquêtes officielles, révélant la gravité et l’ampleur de cette dérive.

Les femmes journalistes et actrices du champ médiatique sont, également exposées de manière systématique à des formes accrues de violence politique et symbolique en raison de leurs opinions ou de leur pratique professionnelle. Cela engendre intimidation et autocensure et une atteinte à leur liberté d’expression et à leur participation au débat public ce qui conduit à leur exclusion ou à leur retrait forcé de l’espace public.

Pour cette association, la persistance de la violence politique contre les femmes constitue une violation flagrante de la Constitution marocaine, qui consacre l’égalité entre les femmes et les hommes en matière de droits et de libertés civils, politiques, économiques, sociaux et environnementaux, et qui engage l’État à œuvrer pour la réalisation du principe de la parité.

Face à l’aggravation de ces phénomènes, l’ADFM appelle à protéger les droits politiques et civils des femmes pour préserver le processus démocratique à travers l’adoption de mesures législatives strictes et claires criminalisant la violence politique fondée sur le genre et protégeant les victimes.

Elle appelle à garantir une participation politique des femmes sûre, libre et égalitaire, et consacrant le principe de l’égalité des chances dans l’accès à la vie publique et intégrer la lutte contre la violence politique à l’égard des femmes dans les mesures d’accompagnement de la préparation des prochaines élections législatives prévues en septembre 2026.

Elle demande également à instaurer une protection juridique, institutionnelle et sécuritaire pour les femmes élues, candidates, actrices politiques et journalistes, incluant des mécanismes efficaces de soutien juridique et psychologique.

Et pour conclure, l’association tient à préciser que la participation des femmes à la vie politique n’est pas un privilège, mais un droit constitutionnel et humain. Toute atteinte à ce droit constitue une atteinte à la démocratie et à l’État de Droit…

H.Z

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