L’Association des Barreaux du Maroc a annoncé la poursuite de la grève générale dans la prestation des services professionnels, en réaction à ce qu’elle considère comme l’absence de réponses concrètes à ses revendications relatives au projet de modification de la loi régissant la profession d’avocat. Cette position a été rendue publique à l’issue d’une réunion tenue samedi à Rabat par le bureau de l’association, consacrée à l’examen des derniers développements du dossier.
Dans un communiqué diffusé à cette occasion, l’association indique que la réunion avait pour objectif d’évaluer l’évolution de la situation professionnelle et de faire le point sur les démarches entreprises auprès de plusieurs institutions constitutionnelles, d’acteurs politiques et de médias. Ces contacts s’inscrivent, selon le texte, dans une tentative de recherche de solutions consensuelles à une crise qui se prolonge depuis plusieurs semaines.
Le communiqué souligne que la grève générale, lancée le 17 janvier 2026, a enregistré une large adhésion des avocats à l’échelle nationale. L’association y voit l’expression d’un fort niveau de mobilisation de la profession, ainsi que de son attachement à la défense de son indépendance et de sa place dans le système judiciaire. La suspension des audiences et de certaines procédures judiciaires constitue, selon elle, un moyen de pression destiné à attirer l’attention sur les enjeux soulevés par le projet de réforme.
S’agissant du dialogue avec les pouvoirs publics, la présidence de l’association a présenté aux membres du bureau les résultats des rencontres tenues avec différents intervenants institutionnels. Ces échanges visaient, selon le communiqué, à concilier les impératifs de la réforme législative avec la nécessité de garantir l’indépendance de la profession d’avocat. Toutefois, le bureau de l’association exprime son regret face à ce qu’il qualifie d’absence de traduction concrète des engagements annoncés par le gouvernement en faveur de l’ouverture d’un dialogue sérieux et approfondi sur le contenu du projet de loi.
L’Association des Barreaux du Maroc a, par ailleurs, réaffirmé son rejet du projet de loi actuellement en discussion, en particulier de certaines dispositions jugées préoccupantes. Le communiqué cite notamment les articles 23 et 66, considérés comme susceptibles de porter atteinte aux équilibres existants au sein de la profession. Dans ce contexte, l’association appelle au retrait du texte et à la réouverture du débat selon une approche qu’elle qualifie de véritablement participative, respectueuse des acquis de la profession et conforme aux principes constitutionnels relatifs à la liberté et à l’indépendance de la défense, ainsi qu’à l’auto-organisation de la profession.
L’association insiste sur le fait que sa position ne procède pas d’un intérêt corporatif étroit. Elle affirme agir dans une perspective de protection de l’intérêt général, de sauvegarde des droits et libertés et de préservation de l’équilibre du système judiciaire. Selon le communiqué, la réforme de la profession d’avocat doit s’inscrire dans une vision globale du fonctionnement de la justice et du rôle de la défense dans l’État de droit.
Dans ce cadre, le bureau de l’association a décidé de maintenir la grève générale, incluant la suspension des audiences et des frais judiciaires, jusqu’à nouvel ordre et en attendant d’éventuelles évolutions du dossier. Il a également annoncé l’organisation d’une conférence de presse nationale le mardi 3 février 2026, destinée à clarifier la position de la profession et à présenter l’état d’avancement des discussions.
Parallèlement, une correspondance sera adressée au président délégué du Conseil supérieur de la magistrature afin de veiller à la garantie des droits des justiciables et au respect du droit de la défense durant la période de grève. L’association a également lancé un appel à une large participation à la manifestation nationale prévue le vendredi 6 février 2026, présentée comme une étape supplémentaire dans la mobilisation de la profession.
Enfin, le communiqué précise que le bureau de l’Association des Barreaux du Maroc demeure en état de réunion permanente, afin de suivre de près l’évolution de la situation et de prendre les décisions qu’il jugera nécessaires en fonction des développements à venir.

