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AFPPhoto diffusée par le bureau du guide suprême iranien l'ayatollah Ali Khamenei, le montrant lors d'un discours à Téhéran, le 4 juin 2025

Après une mise en garde d’Ali Khamenei, Donald Trump dit espérer un accord avec l’Iran

Proche et Moyen Orient

Après une mise en garde d’Ali Khamenei, Donald Trump dit espérer un accord avec l’Iran

Par LNT
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AFPPhoto diffusée par le bureau du guide suprême iranien l'ayatollah Ali Khamenei, le montrant lors d'un discours à Téhéran, le 4 juin 2025

Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche espérer parvenir à un accord avec l’Iran, au lendemain d’une mise en garde du guide suprême iranien Ali Khamenei contre le risque d’une « guerre régionale » en cas d’attaque américaine. Ces déclarations croisées interviennent dans un contexte de fortes tensions diplomatiques, de pression militaire accrue dans le Golfe et de fragilité persistante sur les marchés énergétiques.

« J’espère qu’on va trouver un accord », a affirmé Donald Trump, soulignant que la voie diplomatique restait, selon lui, préférable à une confrontation directe. Tout en laissant entendre que Washington se préparait à toutes les options, le président américain a ajouté que l’absence d’accord ouvrirait une phase d’incertitude majeure. Cette prise de position a été interprétée comme un signal d’apaisement relatif après plusieurs semaines de discours plus offensifs à l’égard de Téhéran.

Quelques heures plus tôt, Ali Khamenei avait averti que toute action militaire américaine contre l’Iran entraînerait une escalade dépassant les frontières nationales. « Les Américains doivent savoir que s’ils déclenchent une guerre, cette fois-ci ce sera une guerre régionale », a-t-il déclaré. Le guide suprême a également qualifié les récentes manifestations ayant secoué le pays de « véritable coup d’État », accusant les protestataires d’attaques contre les forces de sécurité, des bâtiments publics et des lieux de culte, et affirmant que cette tentative avait échoué.

Sur le plan économique, ces signaux contradictoires ont eu un impact immédiat sur les marchés. Les cours du pétrole ont reculé de plus de 3 % lors des premiers échanges en Asie, les investisseurs anticipant une possible désescalade des tensions et une moindre probabilité de perturbations majeures de l’approvisionnement énergétique mondial. Cette baisse intervient après plusieurs semaines de volatilité, alimentées par les craintes d’un conflit élargi au Moyen-Orient.

La situation intérieure iranienne reste toutefois marquée par un lourd bilan humain. Selon l’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), plus de 42.000 personnes ont été arrêtées depuis le début du mouvement de contestation. L’organisation affirme avoir confirmé 6.842 morts, en majorité des manifestants, tout en indiquant que plus de 17.000 décès supplémentaires sont en cours de vérification. Les autorités iraniennes reconnaissent la mort de milliers de personnes, mais soutiennent que la majorité des victimes seraient des membres des forces de sécurité ou des civils tués lors d’actes qu’elles qualifient de terroristes.

Dans ce contexte tendu, la libération sous caution d’Erfan Soltani, un jeune manifestant de 26 ans devenu une figure emblématique de la contestation, a été perçue comme un signal contrasté. Arrêté au plus fort des manifestations en janvier, il avait suscité de vives inquiétudes internationales quant à un risque d’exécution. Les autorités iraniennes ont toutefois démenti qu’il encourait la peine capitale pour les chefs d’accusation retenus contre lui.

Sur le plan diplomatique, les positions restent mouvantes. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a indiqué que des pays de la région jouaient un rôle d’intermédiaires afin de rétablir un minimum de confiance avec Washington. Il a évoqué la possibilité de discussions si les États-Unis s’engageaient en faveur d’un « accord juste et équitable » garantissant l’absence d’armes nucléaires iraniennes, une accusation que Téhéran continue de rejeter.

Parallèlement, l’Union européenne a récemment inscrit les Gardiens de la Révolution sur sa liste des organisations terroristes, accusant cette force d’avoir orchestré la répression du mouvement de protestation. En réponse, le Parlement iranien a adopté une résolution symbolique qualifiant les armées européennes de « groupes terroristes », illustrant la dégradation du climat politique entre Téhéran et les capitales occidentales.

LNT avec AFP

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