Rabat : une convention-cadre pour structurer l’emploi saisonnier et renforcer l’employabilité dans le secteur agricole
Les acteurs publics et professionnels impliqués dans la gestion de l’emploi agricole ont procédé, vendredi à Rabat, à la signature d’une convention-cadre visant à promouvoir l’emploi et l’employabilité dans le secteur agricole, avec un accent particulier mis sur l’emploi saisonnier. Cet accord s’inscrit dans une dynamique de réforme structurelle de la gestion des ressources humaines dans l’agriculture, secteur clé de l’économie nationale et pilier du développement rural.
La convention a été signée par le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, le directeur général de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC), Abdellah Chouikh, ainsi que le président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (COMADER), Rachid Benali. La diversité des signataires traduit la volonté d’inscrire cette initiative dans une approche partenariale associant l’État, les opérateurs économiques et les institutions chargées de l’intermédiation sur le marché du travail.
Vers une gestion plus anticipée et structurée de l’emploi saisonnier
L’objectif central de cette convention-cadre consiste à opérer un changement de paradigme dans la gestion de l’emploi saisonnier agricole. Jusqu’à présent, cette question a souvent été abordée sous l’angle de l’urgence, en réponse à des besoins ponctuels et imprévus, notamment lors des périodes de récolte ou de forte activité. Le nouveau dispositif vise à instaurer une approche anticipée, organisée et concertée, fondée sur une meilleure planification des besoins en main-d’œuvre et sur une coordination renforcée entre les différents acteurs concernés.
Concrètement, la convention prévoit le renforcement des mécanismes de prévision des besoins saisonniers, la structuration des processus de recrutement et l’amélioration des dispositifs de mise en relation entre les employeurs agricoles et les chercheurs d’emploi. L’ANAPEC, en tant qu’acteur central de l’intermédiation, est appelée à jouer un rôle clé dans la collecte et la diffusion des offres d’emploi, l’orientation des candidats et l’accompagnement des exploitants agricoles dans la formalisation de leurs recrutements.
Au-delà de la simple mise en adéquation de l’offre et de la demande de travail, la convention accorde une place centrale à la promotion de l’emploi formel et décent. Il s’agit notamment de lutter contre la précarité qui caractérise une partie importante de l’emploi saisonnier agricole, souvent marqué par l’informalité, l’instabilité et la faiblesse de la protection sociale.
Dans cette perspective, le dispositif vise à sécuriser les parcours professionnels des travailleurs saisonniers, en améliorant leurs conditions d’accès à l’emploi, en favorisant leur déclaration et en encourageant leur intégration progressive dans des circuits formels. Cette orientation s’inscrit dans les objectifs plus larges de généralisation de la protection sociale et d’amélioration des conditions de travail en milieu rural.
Par son ancrage territorial et sa dimension sociale, la convention-cadre ambitionne également de renforcer l’attractivité des métiers agricoles, souvent perçus comme pénibles et peu valorisés, en particulier par les jeunes. En structurant davantage les modalités de recrutement et en améliorant les conditions de travail, les signataires entendent contribuer à redonner de la visibilité et de la stabilité à ces métiers, tout en soutenant le développement économique des territoires ruraux.
Le secteur agricole demeure en effet l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois au Maroc, notamment en zones rurales, où il joue un rôle déterminant dans la lutte contre la pauvreté et l’exode rural. En consolidant les bases d’un marché du travail agricole plus organisé et plus inclusif, la convention vise à renforcer la résilience économique et sociale de ces territoires.
La mise en œuvre de la convention fera l’objet d’un suivi concerté entre les parties signataires, afin de garantir l’atteinte des objectifs fixés et d’assurer l’efficacité des mesures déployées. Ce dispositif de gouvernance partagée devrait permettre d’ajuster les actions en fonction des besoins observés sur le terrain, d’identifier les éventuelles difficultés et d’y apporter des réponses adaptées.
LNT
