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IGOC 2026: Le Maroc accélère la libéralisation maîtrisée du régime de change

IGOC 2026: Le Maroc accélère la libéralisation maîtrisée du régime de change

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Les choix stratégiques du Maroc en matière de change relèvent d’une libéralisation progressive que concrétise la réglementation des changes, par des mesures évolutives, qui ne cessent d’assouplir le cadre régissant les opérations de change.

Celles-ci font l’objet de l’Instruction Générale des Opérations de Change (IGOC), publiée pour la première fois en 2011, et révisée d’une année à l’autre, pour accompagner l’ouverture graduelle de l’économie nationale et répondre aux besoins des opérateurs économiques dans leurs relations avec l’étranger, tout en veillant à la préservation des équilibres extérieurs du Royaume. En effet, des équilibres de la balance commerciale et de celle des paiements, se dégagent les réserves de changes qui conduisent à la libération des changes aujourd’hui et la convertibilité totale du dirham, demain.

Aussi, la lettre mensuelle de l’Office des Changes de décembre 2025 donne les derniers chiffres des importations qui ont connu une hausse de +9,4% par rapport à 2024, et des exportations qui ont enregistré une petite augmentation de 2,6%, marquant ainsi un déficit commercial de plus 19,6% à fin octobre 2025 et une détérioration du taux de couverture des importations par les exportations de 3,7 points.

Toutefois, les réserves de changes issues des recettes de voyages résultant du tourisme entre fin 2025 et 2024 ont connu une croissance de 18,7%, les flux nets des Investissements extérieurs (IDE) se sont appréciés sur cette période de 16,4%, comme les transferts de fonds effectués par les Marocains Résidants à l’Étranger qui ne cessent de s’apprécier à + 10 % par an. Ainsi, les réserves de change du Maroc sont actuellement à un niveau record, atteignant environ 47 milliards de dollars à fin octobre 2025, en hausse de 19,6% sur l’année et couvrant 7,5 mois d’importations. Et surtout, les agences de notation les considèrent comme « confortables » et les jugent être supérieures à la médiane des pays notés « BB ».

Pourtant, au-delà de la base de ces chiffres globaux, l’Office des Changes a réalisé une étude d’impact pour affiner ses nouvelles dispositions en matière de libéralisation des changes. Celle-ci a analysé les besoins et dépenses en devises de l’économie du pays secteur par secteur, pour prendre les mesures de changes les plus adéquates. Il s’agit d’une « concertation élargie et inclusive avec les associations et groupements professionnels ainsi qu’avec les institutionnels, afin de recueillir les attentes et suggestions des usagers » ; « cette démarche vise à consolider le régime de convertibilité et à instaurer un cadre réglementaire solide, favorisant la compétitivité des opérateurs, leur résilience face aux évolutions économiques et leur intégration dans un environnement régional et international en constante mutation » selon le communiqué de l’Office des Changes.

En conséquence, la version 2026 de l’IGOC qui a connu une profonde restructuration de son architecture, définit de manière claire et explicite les droits et obligations des usagers en matière d’accès à la devise dans un texte qui se veut lisible, accessible et mieux structuré, leur permettant de se repérer facilement pour identifier les dispositions applicables, en fonction de la nature de leurs opérations et de leur profil.

Mais surtout, l’IGOC 2026, a introduit de nouvelles mesures de facilitation et d’assouplissement, portant, notamment, sur l’allègement de la charge documentaire, la simplification des régimes et des procédures, ainsi que la mise en place de « Nouvelles Facilités de Change » au profit des personnes morales et physiques, au titre des opérations courantes et en capital.

Ces nouvelles dispositions visent, en particulier, à améliorer le climat des affaires et à consolider les régimes relatifs aux voyages professionnels et personnels (voir le détail de la nouvelle version de l’Instruction Générale des Opérations de Change (IGOC 2026), entrée en vigueur le 1er janvier 2026, dans l’encadré ci-après).

Il faut donc retenir que les nouvelles instructions de l’Office des Changes, viennent consolider la libéralisation progressive et maîtrisée de la réglementation des changes, tout en préservant les équilibres extérieurs du Royaume par des mesures ciblées qui visent  à soutenir l’investissement, promouvoir les exportations, simplifier le commerce électronique, faciliter les voyages d’affaires, améliorer le régime des importations de services et renforcer les instruments de couverture pour lesquels elles  étendent notamment la possibilité de compensation des positions aux opérations de couverture contre le risque de change, de taux d’intérêt ainsi que les risques inhérents à tout actif.

De fait, la nouvelle Instruction Générale des Opérations de Change, l’IGOC, de 2026, a été élargie à l’ensemble des opérations en devises. A ce titre elle est certainement la plus avancée de toutes celles qui l’ont précédée …

 

Afifa Dassouli


 

Encadré : De nouvelles mesures de l’Office des Changes au profit des personnes morales et physiques

 

  • Les start-ups labellisées par l’Agence de Développement du Digital (ADD) peuvent réaliser des investissements à l’étranger en rapport avec leur activité, à hauteur de dix millions (10.000.000) de dirhams par année civile. A ce titre, ces start-ups sont dispensées de la justification des trois (3) années d’activité et de la certification des comptes par un commissaire aux comptes

 

  • Les résidents peuvent prendre des engagements de « Garantie d’actif et de passif » à l’égard des investisseurs non-résidents au titre des opérations de cession d’actions ou parts sociales ;

 

  • Facilité en faveur des étrangers résidents, détenant des investissements au Maroc pour une période minimale de dix (10) années et ne disposant pas des justificatifs de financement en devises, pour le transfert des revenus de ces investissements, et ce, dans la limite de deux millions (2.000.000) de dirhams par année civile.

 

Mesures pour promouvoir les exportations de services

 

  • Possibilité pour le titulaire de marché à l’étranger, d’alimenter son compte en devises ou en dirhams convertibles en tant qu’exportateur de services à hauteur du montant rapatrié dans la limite de 15% du montant total du marché. Cette facilité n’est pas cumulable avec la possibilité de créditer ce compte de 70% de la marge dégagée au titre de ce marché.

 

Mesures pour assouplir et clarifier le régime des importations de services

 

  • Définition élargie des importations de services, avec suppression de la liste limitative des opérations déléguées aux banques ;

 

  • Élargissement de la liste des entités habilitées à réaliser les importations de services incluant notamment les associations de microfinance, ainsi que certain élargissement de la liste des entités habilitées à réaliser les importations de services incluant notamment les associations de microfinance, ainsi que certaines charges et droits liés à leur fonctionnement.

 

Mesures pour consolider le régime des dotations pour voyages d’affaires

 

  • Augmentation du plafond autorisé au titre de la dotation pour voyages d’affaires, en faveur des sociétés ne disposant pas de comptes en devises ou en dirhams convertibles, à un million (1.000.000) de dirhams au lieu de cinq cent mille (500.000) dirhams, sur la base de 100% de l’impôt payé au titre de l’année n-1 ;

 

  • Relèvement de la dotation au titre de la dotation pour voyages d’affaires réservée aux opérateurs catégorisés à un million cinq cent mille (1.500.000) dirhams au lieu d’un million (1.000.000) de dirhams sur la base de 100% de l’impôt payé au titre de l’année n-1.

 

  • Augmentation de la dotation e-commerce, en faveur des Start-ups labellisées par l’ADD, à deux millions (2.000.000) de dirhams au lieu d’un million (1.000.000) de dirhams ;

 

  • Octroi d’une dotation e-commerce minimale annuelle de cinquante mille (50.000) dirhams en faveur des sociétés nouvellement créées et celles exonérées d’impôt, ainsi que pour les sociétés dont l’impôt payé est inférieur à cinquante mille (50.000) dirhams ;

 

  • Relèvement du plafond de la dotation commerce électronique pour les personnes physiques, à vingt mille (20.000) dirhams au lieu de quinze mille (15.000) dirhams par année civile.

 

  • Relèvement du plafond de la dotation supplémentaire pour voyages personnels de deux cent mille (200.000) dirhams à quatre cent mille (400.000) dirhams, sur la base de 30% de l’impôt sur le revenu au titre de l’année n-1. Cette dotation supplémentaire est cumulable avec la dotation de base de cent mille (100.000) dirhams, le tout dans la limite de cinq cent mille (500.000) dirhams par personne et par année civile ;

 

  • Extension du bénéfice du régime applicable aux voyages personnels et aux soins médicaux aux étrangers résidents, dans les mêmes conditions que celles prévues pour les Marocains ;

 

  • Relèvement du plafond mensuel des frais de séjour au titre des voyages pour études à l’étranger à quinze mille (15.000) dirhams au lieu de douze mille (12.000) dirhams.

 

Mesures pour adapter le régime des crédits immobiliers aux besoins des Marocains résidant à l’étranger

 

· Relèvement du taux de financement des crédits immobiliers en dirhams accordés aux Marocains résidant à l’étranger à 80% de la valeur du bien, pour toute opération d’acquisition de biens immeubles au Maroc, sans limitation du nombre de biens financés.

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