Sans titre-1 (6)

CAN 2025 : « Les Lions de la Classe »

CAN 2025 : « Les Lions de la Classe »

Sans titre-1 (6)

« Al Hamdoullah », nous n’avons pas emporté la CAN que nous avons organisé. Parce que sans tomber dans la superstition et parler de mauvais œil, avec tous les efforts que notre pays a menés pour accueillir cette compétition, le goût amer d’une victoire à la Pyrrhus aurait tout gâché.

Parce qu’il vaut mieux perdre et que l’histoire se rappelle que le Maroc en a mis plein les yeux au reste du monde en organisant la plus belle CAN depuis le début de cette compétition. Le Maroc qui représente l’Afrique, le continent que l’on qualifie de tiers monde depuis que cette expression a vu le jour, a porté très haut l’étendard africain, au bénéfice d’abord et surtout des Africains eux-mêmes.

C’est notre pays qui a permis que toutes les délégations soient traitées avec déférence et respect, même les ingrats et ceux qui nous détestent. C’est lui encore qui a permis à leurs joueurs de profiter d’infrastructures dignes des meilleurs standards internationaux. C’est le Maroc qui a accueilli des millions de supporters qui ont bénéficié de la convivialité et de la culture de l’accueil de nos compatriotes. Tout cela sans aucun incident majeur, sans que notre Royaume ne fasse la Une de l’actualité mondiale autrement qu’à travers des termes élogieux. La victoire est là, et c’est la trajectoire de progrès et de développement que nous avons entamé collectivement qui est sanctionnée positivement.

A cela s’ajoute la fierté de voir une équipe nationale digne de l’affection et du soutien intangibles de tout un peuple. Nos Lions n’ont pas démérité, ils ont rugi autant qu’ils se sont battus et ont fini par pleurer en prouvant leur humanité. Le football est un sport cruel, et les plus grandes nations, les plus grands clubs ont connu des déceptions à la hauteur de leurs ambitions. Cela prouve une nouvelle fois que les Lions de l’Atlas ont désormais l’étoffe des grands et on ne peut que leur souhaiter plus de succès à l’avenir. Le travail accompli était colossal, avec une pression sur le résultat que seul un collectif soudé et uni, emmené par un coach qui a su se mettre en posture de bouclier pour ne pas dire de « punching ball », peut absorber.

En revanche, la réelle défaite n’est pas là où on l’on croit. Parce qu’un peuple « frère » ne s’attaque pas et ne saccage pas. Un sportif de haut niveau conteste mais n’insulte pas. Un coach défend son équipe mais ne perd pas son sang-froid. Les images de cette finale dépassent le résultat sportif et les erreurs d’arbitrage, elles témoignent d’un manque de professionnalisme, de savoir être et de hauteur. Elles nous renvoient tristement à ce que les « autres » pensent de nous, africains, et gomment du revers d’une main ce que l’autre accomplit difficilement. Que des joueurs sénégalais insultent l’arbitre en insinuant par des gestes flagrants qu’il est corrompu est désolant et témoigne en réalité d’un manque de confiance dans les institutions et les dirigeants qui pourtant leurs ont remis in fine le sésame qu’ils convoitaient.

Le geste malheureux du valeureux Brahim Diaz avec son penalty raté a en réalité scellé toutes ses vérités et les a figées dans la mémoire collective. Dans ce contexte, nous préférons notre défaite au goût de victoire à cette victoire au gout de défaite.

Et, parce que le sport est censé être un lieu de communion et de partage produisant des énergies positives, il est temps de reprendre ses esprits, de passer à autre chose et ne pas se brûler le sang, en se rappelant qu’il y a toujours un vainqueur et un vaincu.

 

Zouhair Yata

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