Culture

Studio JawJab : 5 réalisateurs marocains présentent leur vision de la vie au temps du coronavirus

par AL | le 27 mai 2020


Durant cette période difficile et après des semaines de confinement, plusieurs initiatives créatives et artistiques ont fleuri un peu partout. Pour mettre en avant cette créativité en temps de crise, JAWJAB, en partenariat avec l’International Media Support (IMS), a demandé à 5 réalisateurs marocains de renom de présenter, sous la forme de courts-métrages de 5 minutes, leur vision de la vie au temps du coronavirus.

Hicham Lasri, Raja Saddiki, Hassan Ouazzani, Mohamed Achaour et Mohamed Mouftakir se sont prêtés à l’exercice. Leurs réalisations filmées, partagées entre le 18 et le 22 mai sur la page Facebook du studio créatif et incubateur de talents JAWJAB, sont une manière de s’extraire un instant du climat anxiogène de la pandémie et de s’évader dans l’univers particulier de chacun des réalisateurs.

C’est ainsi que Hicham Lasri, Raja Saddiki, Hassan Ouazzani, Mohamed Achaour et Mohamed Mouftakir se sont prêtés à l’exercice. Leurs réalisations sont un témoignage du changement que le confinement a opéré dans leur vie ou dans celle de leurs proches, mais aussi une manière de s’extraire un instant du climat anxiogène de la pandémie.

À part les contraintes liées au temps de production et à l’espace, les réalisateurs avaient carte blanche pour livrer, dans le format qu’ils voulaient, quelque chose de très personnel sur cette période particulière.

« Nous voulions documenter cette période du point de vue des artistes, à travers les images qu’ils produisent, les histoires qu’ils souhaitent raconter », déclare Younes Lazrak, directeur général adjoint chez JAWJAB. Et d’ajouter. « Depuis sa création, le crédo de JAWJAB est de questionner la société dans laquelle nous vivons. Cette mission prend d’autant plus de sens durant cette parenthèse particulière que nous vivons, car il s’agit pour nous de recréer du lien social, reconnecter les gens, susciter des émotions, des questionnements. Si chaque réalisateur a sa singularité, une façon de faire du cinéma et une sensibilité différente qui se ressent dans ces films, il n’en demeure pas moins que ces derniers ont une portée universelle, chacun pourra se reconnaître dans les protagonistes de chaque histoire ».

Ces réalisations  filmées ont été partagées entre le 18 et le 22 mai sur la page Facebook du studio créatif JAWJAB, réalisant plus d’un million de vues.

5 réalisateurs, 5 visions 

Hicham Lasri – « Ça part d’un manque affectif, de cette nostalgie de mes enfants, pour en faire une sorte de récit anxiogène (poussant les codes du cinéma) pour donner ce récit à la fois simple, construit, et efficace », analyse le réalisateur.

 

Raja Saddiki – « Aujourd’hui nous sommes des milliards à rêver de revivre comme avant, de pouvoir être avec nos mères, nos amis, d’aller à la plage, d’être en contact avec les gens et la nature… Comme tous, nos rêves n’ont jamais été aussi simples que de retrouver notre vie d’avant », explique la réalisatrice et documentariste.

Hassan Ouazzani a quant à lui choisi les mains de sa grand-mère, usées par le temps mais toujours habiles, comme « actrices » principales de ce court-métrage. Loin des siens, cette vieille femme ne peut plus compter que sur ses doigts pour vivre. « La limite entre le personnel et l’universel est très fine lorsqu’on s’attaque aux questions familiales », estime l’artiste.

Pour Mohamed Achaour, c’est à travers les yeux de son jeune fils qu’il donne à voir les effets du confinement. « La question cruciale du film, c’est le changement brutal d’un mode de vie. Comment nos plus jeunes enfants vivent-ils le confinement et en sont-ils conscients ? », s’interroge le réalisateur.

C’est aussi en filmant son fils que Mohamed Mouftakir fait écho à l’introspection pendant cette quarantaine forcée. « Un confinement externe mène à un déconfinement interne », explique le réalisateur. Entre les murs de sa maison, sur son petit vélo qui tourne en rond sur la terrasse, l’enfant devient cette voix intérieure de l’artiste qui est, « par essence, un être pour la plupart du temps confiné ».

Une belle initiative artistique orchestrée par le Studio JawJab, désormais incontournable dans la création de contenus digital au Maroc.

LNT