Les deux opérateurs de l’audiovisuel public ont cumulé 487 millions de dirhams de pertes en 2025. Soread-2M accuse un déficit de 356 millions, contre 360 millions un an plus tôt, et la Société nationale de radiodiffusion et de télévision 131 millions, contre 410 millions, selon le rapport sur les établissements et entreprises publics annexé au projet de loi de finances pour 2027.
Les trajectoires diffèrent sensiblement. Le radiodiffuseur public réduit sa perte de près de 68%, à la faveur d’un chiffre d’affaires en hausse de 53%, à 672 millions de dirhams, tiré par la taxe pour la promotion du paysage audiovisuel national, qui a rapporté 428 millions, dont 155,5 millions d’arriérés dus par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable. Le caractère exceptionnel de ce rattrapage limite la portée de l’amélioration.
La seconde chaîne voit au contraire son chiffre d’affaires reculer de 10%, à 375 millions de dirhams, dont 357 millions de recettes publicitaires. Elle capte pourtant 65,8% des investissements publicitaires bruts consacrés à la télévision, ce qui situe la difficulté moins dans sa position commerciale que dans le niveau du marché publicitaire télévisuel et dans sa structure de coûts. Le rapport évoque un déséquilibre structurel persistant de son modèle économique.
Le soutien public demeure déterminant. Le radiodiffuseur a reçu 1,502 milliard de dirhams de concours financiers de l’État. Pour la seconde chaîne, l’État a converti ses créances en capital, portant celui-ci de 359 millions à 1,461 milliard de dirhams.
Les perspectives communiquées pour l’exercice en cours ne traduisent pas d’amélioration. Le département des Finances anticipe pour le radiodiffuseur un chiffre d’affaires en baisse, à 624 millions de dirhams, et un résultat net négatif de 463 millions, soit un déficit plus lourd que celui de 2025.
Depuis le 24 avril, le radiodiffuseur public détient la majorité du capital de la seconde chaîne, ce qui place désormais les deux déficits sous un même périmètre de consolidation.
LNT