1er Mai 2026 : La détérioration du pouvoir d’achat au centre des doléances de la classe ouvrière
Les travailleurs marocains s’apprêtent à célébrer ce vendredi le premier mai qui intervient cette année dans un contexte socio-économique délicat. L’après Covid-19, l’inflation, la sécheresse, la hausse des prix des matières premières, le conflit russo-ukrainien, la guerre en Iran, l’érosion du pouvoir d’achat de larges pans de la population… autant d’éléments, aussi bien exogènes qu’internes, qui ne cessent de compliquer le quotidien de la classe ouvrière du Royaume.
Certainement et de l’avis de beaucoup, ce premier mai promet d’être chaud et tendu, même si le gouvernement actuel a opté, depuis son investiture, pour une politique de dialogue avec les différentes centrales syndicales en vue de trouver des solutions aux différents dossiers en suspens… pour ne pas dire « calmer les esprits » !
Le patron de l’Exécutif Aziz Akhannouch tient à préciser que le Gouvernement s’est attelé à consolider un ensemble d’acquis et à mettre en œuvre de nombreux engagements contenus dans l’accord d’avril dernier, en dépit de la conjoncture économique et des contraintes actuelles, relevant que les résultats importants réalisés jusqu’à présent dans le cadre du dialogue social sectoriel, traduisent le respect des engagements gouvernementaux.
Au lendemain de cet événement de cette année, il a ouvert un nouveau round de dialogue social en recevant les principales centrales syndicales et la CGEM. Une occasion aussi pour l’Exécutif de dresser le bilan des avancées issues des précédents accords, tout en recueillant les doléances des partenaires sociaux.
Alors que les syndicats placent la revalorisation des salaires et la défense du pouvoir d’achat au cœur de leurs revendications, le patronat insiste sur l’urgence de réformer le Code du Travail et le système des retraites.
Au Parlement, Aziz Akhennouch, explique que “le Gouvernement a accompli plus de 50 réalisations dans un délai de 5 ans, portant notamment sur la maîtrise des finances publiques et des équilibres macroéconomiques, le développement des infrastructures nationales, ainsi que d’importantes réformes destinées à la consolidation de l’État Social’’.
Sur le plan social, M. Akhannouch a précisé que l’Exécutif est resté convaincu que la réussite de tout programme gouvernemental demeure tributaire de l’adhésion du capital humain et de la classe ouvrière, expliquant qu’il a été nécessaire de rompre avec certaines pratiques dans la gestion du dialogue social, à travers deux axes fondamentaux, à savoir l’institutionnalisation claire et régulière du dialogue social, de manière à renforcer la confiance entre le gouvernement et les partenaires économiques et sociaux, et la mise en œuvre effective des conclusions du dialogue, en les traduisant en mesures concrètes au profit des citoyens.
Dans ce sens, il a indiqué que le gouvernement a signé, le 30 avril 2022, un accord social historique, comprenant des acquis importants au profit de la classe ouvrière et de l’ensemble des fonctionnaires, notamment l’augmentation du salaire minimum dans les secteurs agricole et non agricole, ainsi que l’abaissement du seuil requis pour bénéficier d’une pension de retraite de 3.240 jours à seulement 1.320 jours.
En dépit de la conjoncture difficile, a-t-il poursuivi, le gouvernement a également conclu un nouvel accord historique en 2024 avec les différents partenaires sociaux, ayant permis de réaliser plusieurs acquis importants, dont notamment une augmentation générale des salaires de 1.000 Dhs au profit de l’ensemble des fonctionnaires et salariés, une nouvelle hausse du salaire minimum dans les secteurs agricole et non agricole, ainsi que la révision de l’impôt sur le revenu, ce qui a pratiquement permis d’exonérer un grand nombre de salariés.
Néanmoins et pour les centrales syndicales, l’Exécutif est appelé à faire preuve d’une plus large mobilisation, à même de répondre aux aspirations et aux attentes de la classe ouvrière et des fonctionnaires.
Ainsi, l’UMT affirme avoir attiré l’attention sur la conséquence de la flambée des prix des produits de grande consommation. Pour Miloudi Moukharik, rien ne justifie le fait que le Gouvernement n’intervient pas pour actionner les mesures et mécanismes nécessaires, destinées à protéger le pouvoir d’achat des citoyens, en particulier la catégorie des travailleurs.
Dans un communiqué, l’UMT a appelé le Gouvernement à prendre des mesures immédiates pour faire face à ce qu’elle qualifie de « flambée excessive du coût de la vie », réclamant notamment une hausse générale des salaires dans les secteurs public et privé, ainsi qu’un encadrement des prix des carburants.
Outre la situation de certaines caisses sociales, l’UMT appelle le Gouvernement à lancer des négociations sectorielles afin de parvenir à des consensus en vue d’augmenter les salaires, d’améliorer le système de rémunération et de promotion interne ainsi que d’autres revendications urgentes exigées par la classe ouvrière.
Chez les syndicalistes de la CDT, on explique que la flambée excessive du coût de la vie ne cesse d’impacter terriblement le pouvoir d’achat de la classe ouvrière marocaine. En effet, la centrale d’Amaoui appelle le Gouvernement à procéder à une augmentation générale des salaires en vue de faire face à la détérioration du pouvoir d’achat. Comme la CDT, l’UGTM ou encore la FDT, les centrales syndicales se veulent déterminées à obtenir l’augmentation générale des salaires. Une urgence…absolue, selon elles.
H.Z
