Le Festival International du Film de Marrakech rend un hommage vibrant au réalisateur marocain JILLALI FERHATI

Culture

17 è FIFM : Jilali Ferhati en super star à Marrakech

le 6 décembre 2018


Le cinéaste marocain Jillali Ferhati a eu droit, mercredi soir au Palais des Congrès de la Cité ocre, à un hommage digne de sa renommée et de sa riche carrière cinématographique et ce, dans le cadre du 17ème Festival International du Film de Marrakech.

Couronnant sa grande contribution au cinéma national, le réalisateur marocain doublé de scénariste et d’acteur, Jillali Ferhati s’est vu attribuer la prestigieuse Etoile d’Or du Festival, rejoignant ainsi le cortège des célébrités du 7ème art, dont Robert De Niro et Agnès Varda, pour ne citer que ceux honorés lors de cette édition.

Accueilli comme il se doit dès son apparition sur la scène du somptueux Palais des Congrès, Ferhati, qui a marqué de sa griffe l’histoire du cinéma marocain, a été envahi par l’émotion devant un public debout et sans se fatiguer d’applaudir l’un des piliers et pères fondateurs du cinéma marocain contemporain.

L’Etoile d’Or lui a été remise par Hammadi Guerroum, critique de cinéma et grand habitué du Festival, en reconnaissance d’une carrière longue d’une trentaine d’années et jalonnée de prix et de récompenses prestigieuses, aussi bien au Maroc qu’à l’international.

Dans un mot de circonstance, Guerroum a tenu à saluer « l’ami, l’homme et l’artiste en ce grand moment de reconnaissance et dans cette ville de bonheur, de joie et de cinéma, qu’est Marrakech ».

« Il n’y a pas plus heureux que Ferhati. Celui qui a offert au cinéma marocain ses plages, ses poupées, ses tresses, ses chevaux et d’autres choses », a dit le critique marocain en allusion aux différentes thématiques des films de Ferhati.

Pour lui, on ne peut voir les films de Jillali Ferhati sans ressentir ce souffle poétique et philosophique, en ce sens qu’il est de « cette lignée de grands conteurs » ayant fait du cinéma « une promesse de bonheur ».

Icône du cinéma national, Ferhati représente la pérennité et le génie du 7ème art marocain, a-t-il renchéri.

Prenant la parole, Ferhati a tenu à exprimer ses « remerciements les plus vifs » et l’expression de sa haute considération à SM le Roi Mohammed VI pour l’inconditionnel soutien du Souverain au cinéma national, tout en exprimant également toute sa gratitude à SAR le Prince Moulay Rachid pour « l’indéniable cinéphilie de Son Altesse Royale et l’effort qu’il ne cesse de fournir pour que le cinéma marocain brille par sa présence dans un festival aussi prestigieux, à savoir le Festival International du Film de Marrakech ».

S’adressant au public, Ferhati a lancé : « Merci infiniment pour l’amour que vous me portez. Vous savez pertinemment que je vous aime énormément ».

Qualifiant cette soirée d’hommage de « mémorable » et de « spéciale », il a confié être rassuré de se savoir « présent même dans l’absence et que même si mon nom n’est pas cité un jour, un de mes films le sera ».

Il s’est de même dit « très honoré » de recevoir un hommage aux côtés de grands noms du cinéma tels Agnès Varda et Robert De Niro.

Cette cérémonie a été aussi ponctuée par la projection d’extraits d’une série de films du grand réalisateur marocain, tels que « La plage des enfants perdus », « Mémoires en détention », « Dès l’aube », « Secrets d’oreiller » et « Ultime Révolte », son dernier film qui a été projeté à l’issue de cette cérémonie d’hommage.

Né en 1948 à Aït Ouahi près de Khemisset, Ferhati grandit à Tanger qui l’adopte et qui façonne sa personnalité. Il est un habitué du Festival International du Film de Marrakech puisqu’il a fait partie du jury de la 12è édition.

Diplômé en Lettres et en Sociologie en France, il se passionne d’abord pour le théâtre avant de passer au cinéma en réalisant son premier long métrage « Brèche dans le mur » en 1977 qui ne passe pas inaperçu lors de « La semaine de la critique » à Cannes.

Il revient sur la croisette en 1982 dans le cadre de « La Quinzaine des réalisateurs » avec son film « Poupées de roseau » qui décroche le Grand Prix du Festival de Valence, le Prix de la mise en scène et le Prix de la meilleure interprétation féminine (Souad Ferhati) au premier Festival national du Film.

S’en suivent d’autres films : « La Plage des enfants perdus » (1991), « Chevaux de Fortune » (1995), « Tresses » (2000), « Mémoire en détention » (2004), « Dès l’Aube » (2010), « Secrets d’Oreiller » (2013), qui ont remporté des prix aussi bien nationaux qu’internationaux et « Ultime révolte » (2018).

LNT avec Map

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