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Politique : les chèvres, c’est fini! 0

07/09/13 publié par LNT

Depuis maintenant trois ans, le Maroc connait un phénomène nouveau, celui de l’indignation. Ceux que certains économistes appellent déjà les consommateurs post-printemps arabe prennent de plus en plus la parole pour dénoncer les travers de notre société. Ce n’est pas un mouvement politique, cela relève de la conscience civique, on ne tolère plus de reculer sur certains aspects, sur des droits enfin admis comme fondamentaux.

De l’article 475 à l’affaire Galvan, la seule constante a été la mobilisation, sans précédent, d’une partie de la population que l’on pensait silencieuse à jamais. L’extrême gauche et les religieux semblent avoir perdu le monopole du coeur et une société civile nouvelle, composée en grande partie d’une classe moyenne urbaine aspirant à vivre mieux, se forge une nouvelle moralité, moderne et progressiste.

Mais, il ne faut pas s’y tromper, cette population est autant indignée que désabusée par l’action politique. Et pour cause, nos partis politiques ne cessent de nous prouver que les clivages qui sont censés déterminer leur ADN sont fictifs. Même l’opportunisme politique est absent de leurs calculs. Pour preuve, aucun parti n’a tenté de se rapprocher de cette nouvelle base électorale pourtant prometteuse en termes démographiques. Aucun leader politique n’a mouillé la chemise pour une des causes qui ont ému la population marocaine depuis 2011.

Pas même de récupération politique de ces sujets, aucune prise de risque, toujours la même rengaine populiste ou démagogue qui donne le sentiment amer qu’on nous prend pour des chèvres.

Alors de quoi avons nous besoin aujourd’hui? De ce que le mouvement du 20 Février n’a pas su ou pu nous offrir, un nouveau parti politique décomplexé et jeune, mais surtout progressiste. Pas anti-monarchiste, anti-makhzénien, anti-capitaliste ou anti-quoique ce soit, un parti pour le progrès du Maroc et des Marocains. Un parti qui à l’image du mouvement écologiste, ou des partis pirates allemand et suédois (qui ont réussi l’exploit d’avoir des élus), mobilise autour d’un projet de société clair.

De nombreux lecteurs commentent nos articles d’actualités politiques en disant que de toute façon leur parole et leurs opinions ne comptent pas pour les politiques qui prennent des décisions qui ne semblent pas les impacter. Il faut donc offrir une alternative, même imparfaite, il faut instaurer un choix dans la tête du citoyen, de celui qui ne vote pas parce qu’il ne sait pas pour qui, pour quoi et qui se dit à quoi bon.

Ce parti aurait eu pour position que l’article 475 doit être abrogé et les peines durcies envers les criminels sexuels parce qu’il faut assurer à toute la population, même celle qui est peu éduquée et véhicule encore des pratiques passéistes, le même niveau de protection de la loi dont bénéficierai une fille «de bonne famille» casablancaise à qui il serait impensable d’imposer d’épouser son violeur. Ce parti, générationnel par essence, aurait un avenir s’il pouvait être créé parce que ses électeurs existent déjà, ils se mobilisent par vagues, comme un troupeau sans berger.

Si l’expérience du gouvernement PJD nous a confirmé quelque chose, c’est que la marge de manoeuvre économique est très faible. Le Maroc, dans un contexte mondialisé, en crise de surcroit, ne maitrise qu’une partie des cartes et se doit de continuer à pérenniser une politique économique volontariste avec un Etat fort. Soit. Dans ce cas la bataille devra porter sur le Maroc que nous voulons pour nos enfants.

Ce qu’on va leur enseigner à l’école est crucial, ce qu’on va leur proposer comme éveil culturel l’est tout autant, comment on les soignera encore plus. Justice, Education, Santé et Civisme, tout simplement, pourrait être le parti tant espéré par tous ceux de gauche comme de droite qui ne se retrouvent pas ou plus dans un discours politique d’une autre ère, déconnecté d’un monde  et d’une jeunesse justement connectés.

Une douce rêverie sans doute…

 

Zouhair Yata

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    Panurge a jeté un mouton à la mer… Et pourtant, la chèvre est un maillon fort dans la fabrication de l’huile d’argan. CQFD .