Économie et Finance

Mme Rita Maria Zniber, PDG de Diana Holding : ‘‘La clé du succès, savoir choisir ses partenaires

le 18 novembre 2016


Mme Rita Maria Zniber, épouse de feu Brahim Zniber, rappelé à Dieu récemment, reprend le flambeau si bien porté par son défunt mari pendant de longues années. Nul n’était mieux préparé et indiqué que cette grande dame, connue pour son engagement profond dans le social et l’aide aux démunis, pour cette mission, celle de poursuivre l’œuvre et le travail d’un homme qui a fait de Diana Holding, l’un des fleurons de l’agro-industrie et de l’agriculture nationales, aux compétences multiples et au renom largement étendu au-delà de nos frontières.
Présente à la COP22, notamment parce que Diana Holding est fortement engagé dans le développement durable, Mme Zniber a bien voulu répondre aux questions de notre portail et de La Nouvelle Tribune.
FY

La Nouvelle Tribune :
De prime abord, pouvez-vous nous faire un bref rappel de l’activité de votre groupe ?


Mme Rita Maria Zniber :

Diana Holding est un groupe qui a aujourd’hui une soixantaine d’années d’existence. Un groupe qui a cette particularité, à savoir son grand attachement à la terre. Au fil du temps, le groupe s’est développé dans l’agro-industrie. Nous assurons ainsi la mise en bouteille de la marque Coca Cola pour le Nord et l’Oriental du Royaume, de sodas, de jus de fruits et d’eau de table. A Tanger et à Oujda, nous avons aussi une société de plasturgie du nom d’‘‘Atlantic Packaging’’.
Nous intervenons également dans l’aviculture, la production de poussins d’un jour et la production d’aliments de volailles ainsi que d’aliments destinés aux ruminants, notamment à la SLV située à Témara.
Nous sommes aussi des agriculteurs puisque nous avons des berges de fruits et de clémentines dans le Gharb et à Berkane avec une production de 30 000 tonnes à terme. Nous produisons par ailleurs de l’huile d’olive dans la région de Meknès où nous fabriquons une huile essentiellement exportée aux Etats-Unis.
De plus, nous pratiquons l’intégration verticale pour une meilleure valorisation de nos produits en transformant nos fruits en compotes, en confitures… Nous sommes en outre dans les fruits secs. Et puis, tout récemment, nous opérons dans le secteur de la conserverie de poisson dans la région de Tan Tan.

Comment concilier vos besoins importants en eau et la nécessité d’optimiser la consommation de cette ressource si précieuse ?

Je crois que la première des démarches qui allait dans ce sens n’est autre que cette technique d’irrigation dite ‘‘goutte-à-goutte’’, et quand nous l’avons mise en place, on a été parmi les premiers agriculteurs à investir dans l’économie d’eau. C’est dire tout l’intérêt que notre groupe accorde aux ressources hydriques. Et dans nos entreprises industrielles, nous avons procédé au traitement des eaux usées. Ce qui démontre encore une fois de plus tout notre intérêt pour l’eau. Et aujourd’hui, je sais qu’il y a de nouvelles technologies à même d’optimiser l’eau dans le domaine agricole avec des produits qui maintiennent l’humidité des sols. Le tout dans un seul et unique objectif, un usage optimal et économique de l’eau.

Dans le même sens ou presque, comment parvenez-vous à vous adapter aux changements climatiques ?

Nous avons engagé au niveau de notre groupe plusieurs projets pour anticiper et être à jour des changements climatiques. Ainsi, au niveau de notre activité agriculture, nous avons des projets en rapport avec l’économie d’eau, le recyclage de nos déchets, l’efficacité énergétique. Pour les autres filières du groupe, nous avons engagé des projets en rapport avec la réduction des émissions des gaz à effet de serre et l’intégration de ces projets pour l’ensemble de nos filiales à l’horizon 2020.

En tant qu’acteur privé majeur de l’économie marocaine, êtes-vous inquiète dela rareté d’eau observée d’année en année dans notre pays ?

La planète en a toujours connu des périodes de sécheresse. Mais il est important de dissocier ces périodes-là du constat d’aujourd’hui. Je dirais à ce sujet qu’à tout malheur, quelque chose est bon. Car dans le contexte actuel, cela nous apprend à anticiper autrement. Je pense donc que la ‘‘Recherche Développement’‘ s’avère nécessaire. Il faut recourir à des experts pour pouvoir rebondir sur ces difficultés.

Vous êtes à la tête d’un groupe géant de l’industrie agro-alimentaire au Maroc et apparemment sur la très bonne voie. Un honneur pour la femme marocaine ?

Ce n’est pas une nouvelle expérience. Celle-ci va vers sa quatrième année. Je dirais que, Grâce à Dieu, je la mène avec l’assurance d’être bien entourée. J’ai parfaitement conscience que savoir choisir et identifier les bons partenaires est la clé du succès.

Qu’en est-il de l’approche citoyenne et sociétale de Diana Holding ?

La responsabilité sociale du groupe est un volet à part. Mais personnellement, j’ai un rapport de coeur avec toutes les questions à caractère social. Et cela sera toujours la colonne vertébrale qui me maintiendra debout et me fera avancer. Mon engagement à ce niveau va de la scolarisation des enfants à l’accompagnement des filles du monde rural à travers l’association ‘‘la main tendue’’ qui intervient dans l’éducation civique et religieuse. On intervient dans le préscolaire et dans l’accompagnement de santé des femmes. Les enfants privés de leurs familles sontégalement une problématique qui me tient à coeur.

Propos recueillis par H.Zaatit