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Société

La COP22 est terminée, et maintenant ?

par Zouhair Yata | le 21 novembre 2016


Sans aucun doute, la COP22 a été un succès retentissant pour le Maroc. Au centre de l’actualité internationale pendant 15 jours, le pays a bénéficié d’une exposition sans précédent de dimension planétaire et force est de constater que nous avons su en tirer profit.

Les reportages des grandes chaines d’information, CNN, BBC, France24 et de tous les médias, de presse écrite, audiovisuelle et digitale, dans toutes les langues quasiment, ont relayé et diffusé les avancées vertes du Maroc principalement dans les énergies renouvelables. Le royaume a même été affublé de qualificatifs plus que flatteurs en tant que référence mondiale dans certains domaines de la lutte contre le changement climatique, sous l’égide du Roi Mohammed VI, dont l’aura à la fois bienveillante et omniprésente a été le ciment du succès de ce forum mondial en terres marocaines.

S’y ajoutent une organisation maitrisée, le dispositif de sécurité mis en place, l’émulation de la société civile, l’implication des entreprises, ou encore de la presse nationale, autant de facteurs justifiant le sentiment du travail accompli, ressenti Urbi et Orbi. La COP a même connu quelques polémiques qui sans perturber son déroulement, ont témoigné de son caractère stratégique y compris pour ses détracteurs.

Et maintenant ?

Alors que les dernières délégations quittent le pays et que la ville de Marrakech s’apprête à se reposer du stress permanent de ces derniers mois, la question que tout le monde se pose est, quid de la suite ? Si la COP22 était celle de l’action, qu’en reste-t-il pour les jours, mois et années à venir ?

Les négociations sur le climat, les émissions à effet de serre, et la hausse des températures ne s’arrêteront pas à Marrakech et il est impératif que le Maroc en fasse de même et que son positionnement pour un nouveau modèle de développement durable s’accentue dans les faits.

Si l’organisation de la COP22 a bien démontré une chose, c’est que le Maroc regorge de compétences, d’idées et de projets dans le domaine durable. Nos ingénieurs, agriculteurs, artisans, entrepreneurs, étudiants, artistes et de nombreux acteurs de la société civile, portent ce changement avec conviction et s’appliquent à en faire une réalité. Le Maroc doit pouvoir capitaliser sur ces énergies et diffuser leurs méthodes et leurs démarches au plus grand nombre de Marocains. A en croire les multiples déclarations des acteurs marocains de la COP22, les engagements du pays dans le domaine de l’économie durable, sont indispensables si ce n’est intimement corrélés au développement futur du Maroc. Si, comme nous le pensons, ces prises de paroles ne relèvent pas toutes de la langue de bois, il y a une opportunité forte à saisir suite à la COP22.

Marrakech par exemple, grâce à la COP22, a gagné un nettoyage en profondeur de l’espace urbain, des travaux d’infrastructure importants réalisés dans des délais record et même des couloirs dédiés aux motos et autres vélos. Pourquoi ne pas s’imposer la même dynamique pour toutes les villes majeures du pays à l’horizon de la fin 2017, dans l’espoir de mettre en conformité nos centres urbains avec nos engagements nationaux ?

En plein déploiement de la régionalisation du pays, ne serait-il pas pertinent d’organiser un Salon de l’économie durable itinérant dans chaque région ? Un événement qui agglomérerait, comme dans la zone verte de la COP22, les entreprises, entrepreneurs et structures associatives les plus actives de la région, et qui serait ouvert aux visiteurs. Ce format permettrait assurément de diffuser « la bonne parole » de manière plus pérenne au grand public qui a d’ailleurs témoigné, notamment sur le digital, de son intérêt grandissant pour ces thématiques.

Le nouveau gouvernement, quand il sera constitué, pourrait aussi prendre l’initiative de dédier plus de bourses aux étudiants dont les recherches contribuent à l’effort marocain dans le domaine du développement durable.
De même, l’Office du Tourisme pourrait dédier des actions à la sensibilisation des Marocains pour la préservation de notre patrimoine touristique afin que ces touristes que nous nous efforçons de convaincre de venir au Maroc, puissent repartir avec des souvenirs « propres » de notre littoral ou de nos cascades.

Toutes les associations œuvrant à la sensibilisation, à l’éducation et à l’action environnementale devraient être également soutenues de manière systématique. Sinon, à quoi nous servirait d’avoir des énergies renouvelables si nos concitoyens, toutes catégories sociales confondues, continuent de polluer leur propre espace de vie au quotidien ? Le Maroc tient un filon, une manne durable pour le coup, et bénéficie même d’un avantage concurrentiel avec à ses portes un continent entier à accompagner. Il faut absolument continuer à balayer devant notre porte…