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CNIA Saada Assurance affiche un bénéfice net en hausse de 16,5 % 0

08/03/12 publié par lntadmin

Les réalisations de la compagnie d’assurance sont en ligne avec les prévisions établies dans le business plan présenté lors de l’introduction en Bourse de la filiale d’assurance du Groupe Saham. Le Groupe, n’ayant pas de lien capitalistique avec une banque, affiche son faible intérêt pour la branche Vie dans le contexte actuel.

Au delà de l’évolution des agrégats financiers, l’exercice 2011 de CNIA Saada Assurance a été marqué par plusieurs faits significatifs dont le développement de la vente en ligne des produits d’assurance automobile (une première au Maroc), la poursuite de l’extension du réseau d’agences avec 39 nouvelles agences ouvertes portant le réseau à 342 agences exclusives, l’amélioration des process avec à la clé une baisse du délai de règlement Auto matériel de 140 jours à 53 jours, l’élargissement du réseau Check Auto Express avec les ouvertures des agences de Fès et Rabat, l’amélioration du contrôle interne de la compagnie (dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le plan secours Informatique, etc.), etc. Autant d’éléments qui ont contribué aux performances financières réalisées par CNIA Saada Assurance en 2011.

Et du côté des performances, les primes émises par CNIA Saada Assurance ont augmenté légèrement de 2,2 % à 3 038 MDH. Cette progression provient uniquement de l’activité non-Vie dont le volume d’affaires a augmenté de 4,2 % à 2 567 MDH couvrant le repli de 7,6 % des primes Vie. Ainsi, l’activité non-Vie (Automobile, Accident de travail et Accident corporel) représente 84,5 % du total des primes émises par la compagnie. A noter que le segment Automobile représente à lui seul 53 % des primes émises par CNIA Saada Assurance. A souligner aussi que le réseau exclusif (agents et bureaux directs) de CNIA Saada est à l’origine de la réalisation de 74 % des primes émises par l’assureur.

Le reliquat revenant au réseau de courtage. En tout cas, la domination de l’activité non-Vie, largement plus rentable que celle de la Vie, ne devrait pas s’estomper de sitôt, si l’on croit M. Moulay Hafid Elalamy, PDG du Groupe Saham.

Selon le PDG de la compagnie, «l’assurance Vie est très peu rentable et relativement gourmande en fonds propres. Ainsi, dans les conditions actuelles, et n’étant pas adossé à une banque, nous ne sommes pas intéressés par le développement de cette branche qui ne rapporte pas grande chose».

Pas d’intérêt pour la «Vie»

Par ailleurs, les charges de sinistres brutes ont augmenté de 2 % pour ressortir à 2 103 MDH. La hausse de la sinistralité est le fait uniquement de l’activité non-Vie (+6) du fait de l’assainissement du portefeuille.

Parallèlement, les frais généraux de la compagnie ont fortement reculé de 24 % à 547 MDH grâce à la rationalisation des dépenses et l’impact de l’apurement des impayés.

Le ratio combiné, rapport des prestations versées pour sinistres, des dotations et des frais généraux sur le chiffre d’affaires total, s’est amélioré de -0,6 points pour ressortir à 96,8 %. Il est en constante amélioration sachant qu’il était de 101,8 % en 2009. Autrement dit, la compagnie est bénéficiaire sans même recourir à ses placements financiers.

En outre, le résultat des placements affectés aux opérations d’assurance (Vie & non-Vie) ont baissé de -5 % à 626 MDH dans un contexte boursier marqué par une baisse de l’indice de l2,8 %.

A noter que les placements financiers de la compagnie ont enregistré une hausse de 6 % sous l’effet du renforcement des actifs par le nouveau cash flow pour s’établir à 12,03 milliards de dirhams pour des plus-values latentes s’établissant à 579 MDH à fin 2011.

Les provisions techniques, charges à prévoir pour faire face à la sinistralité non encore déclarée mais prévisible des contrats en cours, se sont améliorées de 2 % à 10,8 milliards de dirhams dans le sillage de l’augmentation des actifs financiers de l’ordre de 6 %.

 

Un dividende de 26 dirhams

In fine, le résultat net de la compagnie d’assurance ressort à 353,3 MDH, contre 303 MDH en 2010, affichant ainsi une performance de 16,5 %. A noter que ce résultat est légèrement supérieur à celui qui était prévu dans le cadre du business plan présenté au marché lors de l’introduction en Bourse de CNIA Saada Assurance (347 MDH). Cette performance a contribué à la consolidation des fonds propres de la compagnie. Grâce à la distribution des dividendes au titre de 2010 (90 MDH) et l’enregistrement du résultat net 2011 (353 MDH), les fonds propres ont progressé de 10 % à 2 826 MDH, grâce à une politique de distribution de dividendes modérée. Grâce à une meilleure progression du résultat net, le rendement des fonds propres (RoE) s’est amélioré de 0,7 point à 12,5%.

Outre la consolidation des fonds propres, la marge de solvabilité de CNIA Saada Assurance (en tenant compte des plus-values latentes) s’établit à 175 % (150 % hors plus-values latentes).

Fort des résultats  et des perspectives 2012 qui devraient être en phase avec les prévisions du plan stratégique 2010-2013, le Conseil d’administration de CNIA Saada Assurance a proposé la distribution d’un dividende ordinaire de 26 dirhams (22 dirhams en 2010), soit un montant à dispatcher entre les actionnaires de la compagnie de 107,04 MDH, soit un payout de 30,3%.

Enfin, concernant le lancement probable dans les années à venir de l’assurance islamique «Takkaful» sur le marché national, Mme Ghita Lahlou, Administrateur Directeur Général CNIA Saada Assurance, a souligné que «cela fait trois ans que les équipes de CNIA Saada Assurance travaillent sur ce dossier et qu’il n’y a aucune contrainte technique pour monter des produits conformes à la Chariaâ».

Toutefois, ajoute t-elle, il y a un problème qui se pose du fait que les placements doivent se faire dans des produits respectant les préceptes de la Chariaâ. Or, actuellement, une grande partie des placements des compagnies d’assurance est placée dans des Bons du Trésor qui sont des produits de taux, donc non conforme à la Chariaâ. Du coup, le problème de rentabilité des placements se pose avec acuité au niveau du marché.

Reste que le Maroc ne peut pas continuer à faire l’économie des produits islamiques. C’est dire que le cadre règlementaire doit s’adapter en offrant plus de flexibilité aux compagnies d’assurance.

Moussa Diop