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Le baril de brut au plus bas, cause d’un séisme économique mondial ! 0

22/02/16 publié par LNT-Dir

La baisse du prix du baril de pétrole présente aujourd’hui son autre facette celle de faire tomber les économies comme un château de cartes !

Moscou, Ryad, même combat

Un rééquilibrage du marché du pétrole s’impose donc car tant que la production restera supérieure à la demande, la loi des marchés imposera une baisse de cours. C’est pourquoi, alors que les pays de l’OPEP se sont refusés à baisser leurs productions respectives, la Russie et l’Arabie Saoudite se sont entendues la semaine dernière pour le faire, considérant qu’une mise à niveau de l’offre de pétrole face à la demande était la seule solution pour arrêter la chute du baril. Et quel que soit le niveau de ce prix, sa stabilité est nécessaire pour de meilleures perspectives économiques… Cet accord risque de devenir historique tant en ce début de 2016, un vent de crise financière mondiale a soufflé sur le monde. Tout les analystes l’ont comparée à celle encore récente de 2008 et dont l’économie mondiale continue de souffrir.

Mais qu’en est-il dans les faits ? Les marchés financiers ont connu une volatilité extrême du fait d’une exacerbation des risques en ce début d’année. La correction de la croissance en Chine, à moins de 7 % pour 2015, avec une baisse de 6 % des exportations et de 14 % des importations, signe d’un ralentissement de l’économie du pays, en est certainement la principale cause. Toutefois, elle se combine à le plongeon du Brent, de 19 % de plus, en ce début d’année Cette chute du baril n’est plus interprétée par les analystes comme devant permettre une meilleure compétitivité économique, mais comme l’annonce d’un fort ralentissement de l’économie mondiale. Ils y voient tout particulièrement un facteur de récession durable pour les pays producteurs de pétrole dont certains étaient émergents. En conséquence, les marchés ont connu dès le début de 2016 des pertes allant jusqu’à 22 % pour la bourse chinoise de Shanghai.

Chez l’Oncle Sam aussi

Par ailleurs, aux Etats Unis, si la chute du prix du pétrole et la hausse du dollar affectent l’industrie, les services ne se portent pas mieux. La croissance de ce secteur a enregistré en janvier une performance au plus bas depuis deux ans, ce qui remet sérieusement en cause les prévisions de croissance de 3,5% pour l’année en cours. L’autre manifestation de crise inquiétante porte sur la flambée des taux d’intérêt, signe de remontée des risques et de perte de confiance des investisseurs. Elle a touché non seulement les taux portugais mais aussi la dette de banques importantes comme la Deutsche Bank. Les fonds souverains sont trouvent obligés de vendre leurs actifs pour compenser la baisse du prix du pétrole. La perte de confiance s’est transformée en peur quand les banques ont été fortement attaquées, perdant sur les marchés financiers 240 milliards d’euros de capitalisation depuis le début de l’année, deux fois plus qu’en 2008. Car les banques souffrent aussi de la baisse du baril qui touche à l’équilibre des entreprises productrices qu’elles financent.

L’incertitude, grosse menace

Cette incertitude des marchés financiers ne peut que pousser les ménages à épargner engendrant ainsi la baisse de la consommation et propageant la crise financière à l’économie réelle. Bien sûr dans ce contexte, les entreprises réagissent de leur côté en repoussant leurs projets d’investissements, attendant des jours meilleurs et surtout une rentabilité plus sûre. L’autre cause d’handicap au retour de la croissance porte sur le constat d’un durcissement des conditions de financement. Car les banques, secouées elles aussi par la crise qui perdurent et ses conséquences, deviennent de plus en plus exigeantes envers les demandes de prêts y compris ceux pour des investissements afin de préserver leur équilibre financier et le maintenir le niveau de leurs capitaux propres.

Tous ces facteurs risquent de repousser la reprise économique très attendue dans les pays riches. Le prochain G 20 de la Finance, à la fin de février, est très attendu dans l’espoir que les banques centrales assurent les banques de leur soutien.

Les plus touchés 

Concrètement, quels sont les pays touchés par la dépression de la Chine et la chute du prix du pétrole? Ce sont, d’abord, les pays producteurs de pétrole et les partenaires économiques de la Chine. Il s’agit des pays du Golfe dont les déficits budgétaires se creusent à 16% du PIB et qui vivent sur leurs réserves de changes colossales. Les autres pays producteurs souffrent beaucoup plus. C’est la cas du Nigéria, l’Angola, mais aussi de la Russie, du Venezuela et de l’Algérie. Sans compter les pays qui recevaient des aides des pays du Golfe comme l’Egypte. Par ailleurs, les fonds souverains sont aussi victimes. Nombreux sont ceux qui ont réalisé des pertes qui se comptent en milliards et tout particulièrement les hedge funds, par essence plus risqués. Certains ont vu leur valeur divisée par 10. Enfin, en ce qui concerne les personnes physiques, l’indice des milliardaires de Bloomberg démontre que 43 des 400 plus riches personnes du monde uniquement, sont dans le vert. Ce qui veut dire que les 357 autres ont leurs portefeuilles dans le rouge, en ce début d’année 2016…

Et nous ?

Voilà pourquoi quand on parle de mauvais climat économique au Maroc, il faut comprendre que notre pays ne sort pas du lot ! Et que notre économie, ouverte sur le monde, ne peut sortir indemne quand ses partenaires proches et les faiseurs de marchés mondiaux sont touchés. Les mêmes causes produisent les mêmes effets….

Afifa Dassouli

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